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Islande

24 juin - 14 juillet 2011

24 juin 2011 : Paris - Reykjavik

Ca y est, c'est aujourd'hui que je pars de Paris en direction de Reykjavik ! Je dois encore me débarrasser d'une partie de mes affaires pour atteindre les 20kg exigés par Iceland Air... L'hotel chic n'est pas très enclin à garder mon ordinateur portable, alors je me rabat vers mon précédent hôtel, celui de pauvres, bcp plus sympathique. Il accepte de garder mes affaires, tout en me précisant tout de même que les "roms" leur ont déjà volé les 2 énormes chaines du hall d'entrée et un téléphone portable.. Je n'ai plus le choix de toutes façons, advienne que pourra ! J'ai RDV avec Manue à l'aéroport CDG et je m'engouffre dans le RER B pour la rejoindre. Dès le quai, un monsieur engage la conversation avec moi, il va aussi à CDG (pour Shangaï) et connaît l'Islande ; il m'affirme que c'est le plus voyage de sa vie ! Dans la rame nous continuons notre conversation, il est très interessé par les Antilles et veut peut être y monter une école de commerce, je lui explique donc ce que je sais de la région.

Arrivée au terminal 3 (le terminal des pauvres), je retrouve Manue rapidement. Nous partageons nos angoisses. Est ce qu'on a prévu assez de bouffe pour le trek ? Visiblement non. Nous achetons alors du Toblerone au duty free, ce qui agrémentera sainement nos repas équilibrés de ce trek... Les douaniers font du zèle et confisquent les compotes de pomme de manue ! C'est bien connu, les compotes de pommes sont des ingrédients de première importance dans la confection de bombes terrorristes.... Ainsi privées du seul aliment équilibré et sain pour notre trek, nous embarquons (il nous reste les toblerone, tout va bien). Installées tout à fond de l'appareil, nous papotons sagement quant un jeune homme fort chevelu (un peu sosie du chanteur de Tokio Hotel) s'avance dans le couloir. A l'évidence, il va s'installer à côté de nous et nous sommes prises d'un fou rire inexplicable...

A l'aéroport de Reykjavik, nous réalisons les objectifs qu'on s'était fixés sans aucun encombre :

- retirer de l'argent ; prendre un ticket de bus ; acheter une carte SIM (mais sans unités, donc pour l'instant un peu inutile) ; acheter des cracottes pour notre trek !

Hop on embarque dans le flybus, il fait grand soleil, 15°C environ. On se concentre sur la chirurgie du portable pour son changement de carte SIM. L'auberge de jeunesse est très sympa, très bien organisée. Très écolo avec toutes sortes de poubelles de recyclage. Nous sommes un peu inquiètes au sujet de notre qté de nourriture pour le trek, nous avons peut être prévu un peu léger donc notre première ballade à Reykjavik sera pour aller au supermarché refaire quelques emplettes. Dans notre chambre à l'auberge de jeunesse, il y a une vieille dame écossaise, ancienne gouvernante et une québeccoise qui vient juste de terminer le trek que nous nous apprettons à accomplir et elle nous fait un peu peur... L'orientation n'a pas l'air très évidente et il y a risque de se perdre... Bien, bien bien...

Première mauvaise nouvelle : le bus que nous comptions prendre pour relier la gare routière BSI ne circule pas assez tôt le samedi. On prendra donc un taxi demain matin. Organisation des sacs à dos pour le trek puis douche et au lit.

25 juin 2011 : Reykjavik - Þórsmörk - Refuge d'Emstrur (Botnar)

Réveil en sursaut à 3h du matin, il fait grand jour ! Mais quelle heure est-il ? C'est bon on peut se rendormir... Encore un ou deux réveil, souvent coordonnées toutes deux, Emma n'ayant pas de montre, c'est Manue qui par des gestes de la main lui donne l'heure et l'autorisation de se rendormir.... Cette fois le réveil a merdouillé mais nous sommes toutes deux assez vigilantes (angoissées ?) pour être déjà réveillées. Petite toilette rapide (tiens l'essui-main sera un très bon substitut de mouchoir, un des choses que nous avons oubliées), on fait les sacs dans le couloir (histoire de ne pas réveiller nos colocataires, les français ont déjà assez mauvaise réputation), on passe à la cuisine et là.... on regrette d'avoir fait des courses ! Il y a des paniers dans les frigos pleins de mets plus délicieux les uns que les autres et "free" = laissés par des touristes partis. Bon ben désormais on ne fera plus de courses avant d'avoir fait les frigos des auberges de jeunesse ! Ya pas de petites économies et puis on a parfois des goûts de luxe, on file d'ailleurs rejoindre notre chauffeur de taxi qui nous attend !

Arrivées tôt à la gare, super clean, bien équipée, probablement comme la majorité des lieux dans ce pays. Par ailleurs devant nous, allongé sur le sol, un jeune homme bave, crache, visiblement en état d'ébriété (il est porteur de chaussures de montagne, nous en concluons donc qu'il s'agit d'un touriste... chevelu d'ailleurs, mais pas autant que notre charmant voisin d'avion...) Notre altruisme ne nous perdra pas, nous laissons le soin au vendeur à ticket de bus de s'en occuper. Les secours arrivent à 4, visiblement ils ne sont pas débordés de travail et embarquent le jeune homme titubant. Cela nous rappelle une mésaventure pas si vieille que ça (Adrien, pour lequel nous avions davantage fait prevue de conscience professionnelle).

Nous finissons par monter dans le bus pour Þórsmörk , en choisissant la place derrière le chauffeur (avec belle vue et place pour les jambes). Bizarrement la plupart des randonneurs montent dans un autre bus, celui pour Landmannalaugar, ce qui ne nous rassure pas franchement : nous avons choisi de faire le trajet en sens inverse de la "normale" et doutons du bien fondé de cette décision, rebelles mais pas trop....

Nous voilà parties, en profitons pour finir notre nuit, voyons nos premières fumeroles.. Changement de bus pour un bus 4x4, on en profite pour prendre nos premières photos d'une cascade au nom inconnue, puis nous nous enfonçons dans un véritable désert lunaire...

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Nous rencontrons un nombre infini de gués que notre chauffeur franchit avec maîtrise !! Nous croisons des véhicules aux roues de notre taille, 4x4 que les antillais apprécieraient beaucoup !

Arrivées à Þórsmörk, nous achetons une carte du trek Nous flippons de nous perdre depuis hier soir et décidons donc de suivre incognito un groupe d'allemands après nous être assurées qu'ils allaient dans la même direction que nous et avoir conclu, après analyse détaillée de leur musculature et périmètre abdominal, qu'ils ne devaient pas être plus rapides que nous. Conclusion qui s'est rapidement confirmée au passage du 1er gué. Nous avons sagement attendu qu'ils se déchaussent (en faisant de même de notre côté, Emma avec une paire de crocs roses particulièrement saillantes et Manue ayant enlevé sa paire de chaussettes vert bouteille (partie intégrante du costume d'Arlequin avec les baskets roses, la veste bleue et le pantalon marron (inutile de citer les différentes couleurs des sous-vêtements et fringues sous la veste, les températrues assez..."islandaises" n'ayant pas permis de tout dévoiler)).

Bref, nous laissons les allemands traverser afin de connaître la profondeur de l'eau et ensuite, armées de courage (et vu la température de l'eau, ça n'est pas peu dire, surtout pour les martiniquaises que nous sommes) nous nous lançons.

Et dire que c'est vivifiant est vraiment un euphémisme !!! Le froid nous brûle même bien après avoir fini la traversé (car oui, nous y sommes parvenu) ! La seule angoise désormais : devoir à nouveau traverser un gué ! Nous changeons de chaussures et reprenons la route, les Allemands restent derrière, nous ne les reverrons jamais ...

Vastes étendues désertiques avec un sol noir, sabloneux, uniquement éclairci par quelques pans de montagne plus verdoyants (enfin ça n'est pas la forêt tropicale, mais un lichen tirant parfois vers le vert fluo) et parfois parsemé de timides microbuissons de fleurs. Nous nous sentons une âme de poète et les sommets deviennent tour à tour, décapsuleurs, tête de gargamel ou gland selon l'avancée de notre progression.

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Petite pause déjeuner (chips à 16h) et nous commençons vraiment à sentir la fatigue nous gagner.Toujours pas de refuge en vue, la vision des balisages en haut des cols à franchir nous décourage un peu, c'est promis l'année prochaine on ira au club med en Tunisie ! Une grosse montée plus tard, il est 18h et c'est enfin la délivrance ! Le refuge et ses tentes attenantes montre enfin le bout de son nez. Mais il ne faut pas crier victoire, il reste un gué à traverser... Nous maudissons ceux qui nous ont faussement rassurées....

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Mais le refuge est bien là, nous prenons possession de notre chambre. Waouh !! comme ces lits sont larges ! Nous comprenons plus tard qu'en fait un lit est pour deux personnes mais décidons de faire les bêbêtes françaises qui n'ont pas pigé et prenons chacune un lit, un peu inquiètes tout de même que quelqu'un ne s'installe à nos côtés pendant la nuit !!

Repas de fête : nouilles chinoises avec soupe en paquet et fromage. Nous sommes un peu perplexes en voyant des Américains sortir un brocoli ?! Est ce vraiment le plus adapté pour une randonnée ? Concernant les douches, celles ci sont dans un batiment séparé et la corvée du brossage de dents avec une température de l'eau nous rappelant amèrement celle du gué et le fait qu'il faut sortir de la chambre bien chauffée pour y aller nous fait y renoncer. Et cela fera peut être fuir ceux qui pourraient s'inscruster dans nos lits cette nuit ...

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