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 16 octobre 2007 : Dekhandhar (2200m) - Ramni (2100m)

{Emma} Nous nous réveillons ce matin sous le brouillard. Une rude montée nous amène a un petit col où une bande de jeunes écoliers croise notre chemin. Ils sont tous bien propres et bien coiffés avec la raie sur le côté (contrairement aux enfants croisés dans les villages !). Ils ont plein de cahiers que l'ont peut voir à travers les nombreux trous de leurs cartables...

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Après une petite descente nous arrivons au village d'Ala où de superbes scultures ornent le portail des habitations. Shankar nous explique des histoires de mythologie hindoue fort interessantes mais que je serai bien incapable de retranscrire. L'hindouisme c'est assez compliqué, il y a 36000 dieux, chacun ayant plusieurs noms (que Shankar aime décliner à chaque fois en les numérant sur ses phalanges) alors pour s'y retrouver, c'est pas simple....

Notre chemin nous mène jusqu'à une fontaine ornée d'une tête de vache (comme souvent en Inde), mais ô surprise, celle-ci fait du bruit ! Un beuglement se fait entendre... Devant notre air ahuri, un petit garçon sourit et nous finissons par découvrir le pot aux roses ! Ils nous ont bien eus...

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Shankar nous fait encore un cours improvisé avec une histoire de Gange qui sort par les cheveux de Shiva (en bleu ci-dessus ; oui Shiva est toujours représenté en bleu car il a avalé du poison). Sur le reste du chemin nous croisons de nombreuses femmes qui coupent de l'herbe à la serpe sur des pentes vertigineuses. Une grosse montée nous attend, le chemin est tout abîmé (nombreuses crevasses de boue) mais nous finissons quand même par atteindre des alpages d'altitude où se trouve notre camp. Il pleut quand nous arrivons et nous nous réfugions sous la tente mess avec un bon thé chaud suivi d'un repas (notre éternel déjeuner). Nous profitons d'une rapide éclaircie pour monter la tente, mais la pluie ne tarde pas à revenir avec beaucoup de brume. Nous annulons donc notre visite à Ramni et nous restons sous la tente à stresser quand à la future mouillitude de nos affaires... N'écoutant que son courage, Gérard part chercher du bois pour allumer un feu. Les muletiers lui emboîtent le pas et ramènent, eux, de véritables troncs d'arbres !

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Le feu qui avait commencé par un petit tas de mousse fini grandiose et nous sert après le dîner de lieu de rassemblement. Nous chantons, dansons avec les muletiers et quelques aides de cuisine.

17 octobre 2007: Ramni (2100m) - Kaliaghat (2250m)

{Marion} Nuit horrible, pluie sans discontinuer à partir de 2h du mat. Je n'arrive plus à dormir, priant pour que la pluie cesse avant le matin mais mes voeux ne sont pas exhaucés ! Réveil pluvieux, état des lieux au réveil : les matelas sont humides, même plutôt mouillés, les sacs humides.... pour nous les dégâts sont moins pires que pour d'autres ! ne nous plaignons pas...

Le départ à 7h30 est retardé... C'est dur pour tout le monde, les muletiers trempés n'ont visiblement pas fermé l'oeil de la nuit. Tant bien que mal, la journée commence, petit déjeuner, pliage de tente le temps de la pluie. On attend une vague éclaricie pour se jeter à l'assaut de la montagne

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Montée d'abord à flanc de colline dans la boue, puis on grimpe sur un chemin +/- empierré au travers de la forêt. Petit à petit, la neige fait son apparition, le chemin est de plus en plus blanc et finalement c'est au travers de champs enneigés que nous atteindrons le col de Ramni à 3064 m. La vue doit être imprenable, nous ne voyons que du brouillard !

Nous entamons ensuite la descente, le chemin est boueux et glissant. Marion ne rate pas son coup et se vautre dans la boue. Heureusement Stéphane fera une petite toilette avec de la neige, les dégâts seront moindres.

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Descente dans la forêt enneigée, nous sommes tous sous nos capes de pluie, l'ensemble ressemble à un tas de petits bonhommes de toutes les couleurs et bossus par dessus le marché ! Passage d'un minuscole col où un type est là avec ses moutons. Au loin on peut voir sa tente et à côté un feu encore fumant. Petite pause casse-croûte et là surgies de nulle part, deux dames habillées toutes en bleue, magnifiques avec dans le nez une grande boucle qui est visiblement l'ornement traditionnel de la vallée du Garwhal.

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Nous reprenons la route pour descendre encore et atteindre le village où nous allons déjeuner : Jhin-Jhi. Comme c'est devenu notre habitude, nous nous installons dans une cour entre deux habitations, les cuisiniers s'affairent pour la soupe, choux-knacky, courges, chapati et fromage (une sorte de kiri dur). Dans ce village un petit garçon a demandé le prénom de chaque membre du groupe, en Hindi bien sûr, mais notre connaissance de la langue est telle que nous comprenons sa question sans problème ! Il a lui par contre un peu de mal avec la prononciation de nos noms en français ! Un villageois nous offre à la fin du repas le thé au lait sucré typique de l'Inde. Tout le monde ne boit pas, pourtant c'est très bon.

Départ en coupant à travers champs à nouveau sous la bruine, descente jusqu'à une rivière que nous traversons par un pont suspendu qui bouge sous chacun de nos pas. Puis remontée sans cesse pendant 2h environ. Nous avions espéré dormir au sec dans une école. Raté ! Le camp est installé sur un petit plat. Il se trouve que cet emplacement est en fait une voie de passage pour les bergers et leurs troupeaux qui rentrent au village, du coup c'est assez animé !

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Montage de tente sous l'oeil amusé des enfants du village et tentative de nettoyage de la tente par Marion. Finalement nous sauverons notre nuit en mettant la couverture de survie sur nos matelas mouillés. On regarde les cuisiniers confectionner les "pacoras" (sorte de beignet de pomme de terre avec de la farine de pois chiche) c'est très facile comme dit Shankar, nous on trouve qu'ils sont plutôt habiles ! (le premier beignet est jeté à terre en offrance aux Dieux.

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